M’appelle pas Daddy!




Daddy! Il a suffi d’un rien de mot, Daddy, pour que tout d’un coup, je réalise le poids et la vitesse du temps qui passe. Si un mec de 30 ans me dit, à moi, au crépuscule de ma trentaine, Daddy! Mais où va le monde?!


Eh papa God! Est-ce que le temps a donc si vite passé? Le blanc dans ma barbe, sur ma tête, et vous le jure, même sur ma poitrine et sur mon pubis. Est-ce qu’un poil blanc justifie qu’on m’appelle Daddy? Non, je demande seulement, de vous à moi, est-ce que vous trouvez ça normal qu’un mec d’à peine 5 ans de moins que moi me donne du Daddy? 


Toutes considérations égales par ailleurs, je ne peux/veux pas être Daddy. Du moins pas encore. Pas encore dans le sens où cela s’entend: ma poche est aussi mince qu’une feuille de papier. Aucun relief. Quel drôle de pauvre Daddy je ferais. Est-ce que les écrivains sont des souverains financiers ; que très rarement! 


Alors, que je lui offre à boire, oui, je peux encore le faire, oui que je peux même l’inviter à regarder un film chez moi, je cuisinerai des gnocchis, l’amour est un ingrédient essentiel en cuisine, on mangera, puis on enchaînera toutes sortes de positions dans toutes les pièces de chez moi. Mention spéciale pour la fenêtre de la cuisine, celle qui donne sur la rue. 


Quelle énergie, il a mon jeunot! Qu’il reste donc avec moi pour cet hiver à venir. Please!


L’autre jour, j’ai partagé ma passion du défonce-trou avec un jeune-jeune. 22 ans. Pas seulement une question du volume de la raideur, la consistance, la veine qui intimide, non, le jeunot est dur, j’entends quand c’est dur, ça l’est vraiment, mais lorsque que ça dure longtemps, longtemps, aussi longtemps, oh mon Dieu! Qui c’est qui m’a envoyé me faire « taper mon moustique » par celui-là? 


Épuisé, je lui ai dit un moment, Baby, on prend une pause stp? 


Le comble, c’est même pas lui, le twink (mince éphèbe au visage glabre et pâle de jeunesse) et  TTBM ( son sexe est infiniment disproportionné par rapport à la somme de son corps), non, ce n’est pas lui qui m'appelle Daddy. Pour ses 22 ans, celui-ci pouvait me livrer: Daddy.  Ç’aurait été lui que je lui aurais même proposé un chocolat chaud et, en bon Daddy, je l’aurais mis au lit après lui avoir lu une histoire à le faire bander la nuit. Parce que la nuit, j’adore. Ce qui se tend, ça rentre sans demander de permission. La surprise de la pénétration attache les deux individus. 


Le matin, moi, je veux qu’on me foute la paix. Sauf si bien sûr, c’est le jet rapide qui précède le « Bonne journée! À ce soir! » ce jet-là vitamine la journée. 


Mais qu’un trentenaire comme moi me dise Daddy… L’arnaque sentimentale de notre ère! Le script est mal écrit. Mauvais porno. 


Je lui ai dit texto : est-ce que je suis ton père? Est-ce que je pouvais mettre au monde un comme toi? Hein?! Hein réponds-moi. 


Sans lui laisser le temps de répondre, en filant dans les WC vidanger tout ce qu’il venait de déverser en moi, épais, visqueux, ça coule bientôt entre les cuisses, je lui crie : Never call me Daddy again. Ok?! Le ton se veut rassurant quoique ferme, voire menaçant. M’appelle plus Daddy, jamais plus! Ok? J’ai un prénom, d’accord?!


À mon retour des WC, le gars s’était cassé. Tant mieux me suis-je dit. Qu’il aille chercher son Daddy ailleurs. Mais on est où là? 


Comme je me rends dans la salle d’eau, pièce séparée, la glace, la lumière, le reflet dans la glace, mon image dans la glace hésite, puis ça crie: ikiiii Daddy!!! Comme tu as pris du blanc Daddy. Faudra que tu penses à te prendre un sérum anti-âge plus efficace encore que celui-là que tu utilises, hein Daddy?!

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