RDV-Place des Bergues: Une nouvelle érotique

Dernière mise à jour : juil. 4


Je l’ai rencontré à un festival. Un festival de cinéma. J’aime ça, les acteurs, la lumière, l’amour. Le spectacle. Richard est grand. Très grand. Je dois me mettre sur mes orteils pour l’embrasser. Puis c’est du califourchon. Il me tient par la taille. Ses bras. Oh ses bras. Ah ses bras. Par où commencer ?

Ses bras. Cette veine qui traverse ses bras. Elle est proéminente. Comme celle sur sa bite. Du relief. Ah. Ses bras, la force, la soumission, la chaleur. Dompte. Oh si, ancora. J’aime ses bras. Ses doigts. Ses doigts ? Ça touche, effleure, caresse. Frappe ! Oh ! Cinq doigts. Dix sur deux. Les traces, je m’en charge plus tard. Pas besoin de salive. Ça passe. Les doigts. Ça glisse. Tout seuls. Deux. Trois. Quatre ? Il va plus loin. Douleur. Chaleur. Honneur. Richard aime aller plus loin. Loin, Riii. Il me tient par la taille. Ses bras, ses doigts, la profondeur. La profondeur du baiser. Le bonheur s’étale en profondeur. Les lèvres. La douceur, la douceur, la douceur, avec ardeur ! Oui, la douceur. L’élan. Baiser c’est lent, doux et profond. Profond. Ri. Rrr. RRR. Riii. Richaaard. Oh ses yeux. Je révulse des yeux. La mâchoire tombe. Une goutte de sueur coule le long de mon dos. Cet été est chaud. Non, j’aime pas le ventilateur. La sueur. Les sueurs. Ça fait un. La salive. Richard, oh! Ri. Le cinéma. Tourne. Le cinéma. Ma tête tourne. Il dit que j’ai le sourire de Sophia Loren. J’aurais préféré qu’il dise que nous avons le même déhanché. Ah Riiiiiii! Rrr-Rrr-Ri-Ro-Ra-Rrrri-Riaaard ! Ses yeux. Ses yeux ? Je dois m’accrocher. Ses épaules. Ses épaules. Tiens, qu’il mord le lobe. Aaah. J’ai promis de m’accrocher. Je m’accroche. Comme je renverse la tête à l’arrière… ses bras, ses bras, ses bras, mon secours, ma taille, oh ses doigts, ses bras, cette veine saillante, c’est la même, en moi. Cette veine prend racine en moi. Ça se ramifie. L’arbre est comme les platanes autour de nous. Qu’on m’arrose donc. Richard. Je n’aurai plus soif. Coule. L’eau de vie. L’eau pour la vie. A vie. La fleur. Les pétales. Il sait que les tétons, c’est une grande affaire de sensibilité. Le pétale est comme la langue. Point de dents. Je ne lui ai pourtant rien dit. C’est sensible ou pas. Si. Oh Riii. Ah. Ah. Ah. La vitesse. Vite. Plus. Encore. Oh. Ri. Oh. Ses doigts. Ah. Je m’envole. Vole. Je m’accroche. Rrr. Riiiiiii! Rrr-Rrr-Ri-Ro-Ra-Rrrri-baaaaaaaar ! Oh. Oh. Les mouettes s’en vont légères. Le frisson traverse un seul corps. La montagne plonge dans les eaux. Nue. Ses cuisses. Ses jambes. Ses orteils. Les orteils sont de petites antennes. Ce que j’aime sur ses jambes, ce léger tapis de poils fins. Dieu n’est pas bête. Ça vole. Le tapis de frissons. Les frissons. Je m’effondre.

Ses bras. Il me retient par la taille. Je dois partir. Nous devons partir. Le paradis ne se vit pas deux fois. Une fois, à deux, à trois, à quinze. Mais une (seule) fois, mon paradis. Toi, Richard. C’est ici. C’était là. Maintenant. Moins de volume au-dedans de moi. Plus de fluidité. La veine a dû perdre en relief, vidée, vidée, esseulée. Ses bras. Ma bouche. Sa bouche. Je sens la chaleur de son souffle dans mon cou. C’est là, derrière. Lobe droit. Ah. Tout est beau. Des guirlandes. J’avais pas noté la galerie lumineuse. Beau. La beauté c’est lorsque rien ne bouge plus. C’est beau. Deux corps immobiles. Beau. Ri. Mon Ri-Ri. Je dégouline. Ruisseau. Rousseau n’est pas loin. L’île est de l’autre côté. Le Rhône coule en moi. Les lumières tombent comme une bougie qui s'éteint.


La Place des Bergues est vide. Pas un passant. Deux filles rient aux éclats. Nous rions. Place des Bergues ? Putain!

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